Kabyle.com - Tizi Ouzou - Le dimanche 05 octobre 2008
5e Congrès à Meknes
C'est la salle de la Maison des Droits de l'Homme et du Citoyen de Tizi-Ouzou qui a été choisi par le président en exercice du Congrès Mondial Amazigh (CMA), Belkacem Lounès, pour y tenir une conférence de presse afin de revenir sur les derniers développements de l'affaire dite du " 5e Congrès " et de faire le point sur les préparatifs en cours en vue de la réussite du Congrès de Meknes. Devant un parterre assez réduit de journalistes et de quelques personnalités de la région, à l'image de Younès Adli, Abdesslam Abdenour, Laïmechi et l'avocat Mezil, Belkacem Lounès, accompagné de Hocine Azem et de Kamira Aït Sid, a fait une déclaration dans laquelle il a estimé que les préparatifs à Meknes vont bon train, lui qui y a passé le weekend dernier. Sur le même registre, il annoncera que le comité d'organisation installé à cet effet a mis sur pied plusieurs commissions chargées de suivre les différentes tâches.
D'emblée, il dira qu'ayant épuisé tous les recours pour la tenue du 5e Congrès en Kabylie, le bureau du CMA a décidé à 7 voix contre 10 de sa tenue à Meknes (Maroc) car, voulant privilégier celui-ci en terre amazighe, le Maroc reste le seul lieu possible pour son organisation, car " il n'exige aucun visa pour aucun étranger ".
Le président du CMA, qui estime le nombre de participants à 1000 pour la séance inaugurale et 500 congressistes, a souligné que des délégations de l'ONU, de l'UE et de quelques ambassades seront présentes ainsi que d'autres représentants de peuples amis, il s'agit des Catalans et des Basques pour ne citer que ceux-là, mais aussi d'autres ONG.
Avant d'entamer son introduction, Belkacem Lounès a estimé que la seule délégation qui pouvait avoir des problèmes pour rejoindre le Maroc était bien la délégation algérienne, ceci a-t-il expliqué à cause de la fermeture des frontières algéro-marocaines et de la cherté des billets d'avion non accessibles aux responsables associatifs intéressés par la participation.
Il profite de l'occasion pour lancer un appel aux autorités algériennes et marocaines " afin de se mettre d'accord pour permettre aux Amazighs d'Algérie de se rendre au Maroc par la voie terrestre " et ce en implication de la Déclaration des Nations Unis pour les Droits des Peuples Autochtones qui stipule dans son article 36 que " Les peuples autochtones, en particulier ceux qui vivent de part et d'autre de frontières internationales, ont le droit de développer, à travers ces frontières, des contacts, des relations et des liens de coopération… ", avant d'indiquer que " dans tous les pays de Tamazgha, nous sommes chez-nous et les États doivent nous assurer cela. "
Répondant aux questions des journalistes, qui l'ont interrogé sur ses prétendues relations avec le pouvoir marocain, l'annonce d'un 5e Congrès pour les mêmes dates à Tizi Ouzou et sur les ressources de financement de ces 5es assises, le président du CMA a répondu qu'il n'avait "aucune relation avec l'État marocain, ni des contacts avec cette prétendue " richissime personne " proche du ministre marocain de l'Intérieur. "
Au sujet du 5e Congrès bis annoncé, Belkacem Lounès a affirmé que déjà " concernant la délégation marocaine " qui a eu à séjourner à Tizi Ouzou la semaine dernière et qui a appelé à un Congrès à Tizi Ouzou, " sur les 4 personnes, il n'y a que Rachid Raha qui soit membre du CMA, les autres, n'ont rien à avoir ni de près ni de loin. "
Aussi, revenant sur la décision d'organiser le Congrès à Meknes, il réaffirme que " la décision a été prise par le bureau du CMA, seul habilité à le faire d'après les statuts de celui-ci, avec une majorité de 7 voix contre 10, ceci avant le ralliement de deux autres membres à l'exception de Rachid Raha qui est resté sur ses positions ". Et au sujet des membres du Conseil Fédéral d'Algérie, qui font parti du groupe qui voudrait organiser le Congrès à Tizi Ouzou, il affirmera qu'" ils sont que trois membres sur trente-neuf ".
Pour clore le sujet, il affirmera qu'" aucune contestation n'est possible jusqu'à la tenue du nouveau Congrès pour lequel il n'est pas candidat ", au contraire, il avouera vouloir s'en démettre vu la rudesse de la tâche qui incombe au tenant des rênes de cette ONG. Concernant la dernière question, liée au financement de ces assises, le conférencier dira que le " Congrès est financé par les gouvernements basques et catalans par le biais de leurs agences de coopération et d'aide au développement respectives ".
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